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LA RUTINA DE LO INVISIBLE



pour orchestre et public / 25' / 2016 /

L’orchestre symphonique peut être considéré comme l’objet artistique le plus chargé au niveau symbolique dans l’histoire de la musique ‘savante’. Cette formation instrumentale s’est concrétisée au même moment que la musique 'pure' arrivait au stade de maturité, lorsque l’art occidental assumait sa volonté de se détacher de la religion pour devenir un instrument mythologique des empires et nations du XIX siècle. Les grands maîtres classiques, romantiques et contemporains formeront parterre de divinités au service d’un récit collectif de grandeur et omnipotence, mythologie qui perdure de nos jours.
Cette machine d'horlogerie se donne pour tâche de créer l’invisible jour après jour dans les auditoriums du monde occidental et d’autres régions de la planète qui s’associent progressivement à ce récit collectif. En dehors de toute référence culturaliste, le phénomène de la musique symphonique communique avant tout la capacité de réunir une masse de personnes pour créer un moment extraordinaire. ‘La Rutina de lo Invisible’ rend hommage à cette communauté d’artisans anonymes qui réactualise au quotidien le rituel du concert symphonique avec un public toujours prêt à perpétuer la tradition des grands génies classiques.

Création 27 juillet 2016 au Palacio de la Ópera (La Coruña, Espagne) par la JONDE (Orchestre de la Jeunesse d'Espagne) dirigé par Hermes Helfricht. /


THE LAST HERO - UN APERÇU CULTUREL DU CERVEAU REPTILIEN DE RICHARD STRAUSS



théâtre musical immersif pour 10 instruments / 22' / 2016 /

De l’empire Allemand au régime Nazi, Richard Strauss a traversé le tournant du siècle en survivant aux bouleversements politiques par une négociation constante avec le pouvoir en place. À mi chemin entre musique écrite, performance documentaire et l’interaction avec le public, The Last Hero propose une lecture de la vie et l’œuvre indissociables chez Strauss, tout en questionnant la figure du chef dans la musique savante européenne ainsi que le rôle de la tradition germanique dans cet art.

Création 17 novembre au Palace Nymphenburg (Munich, Allemagne) par BlauerReiter ensemble dirigé par Armando Merino. /


ID. 2



sketch-performance / 3' / 2016 /

Id. 2 fait partie d’une série de performances en cours qui travaillent avec plusieurs dimensions de l’identité culturelle, la voix humaine et la musique étant les supports principaux de cette exploration de l’inconscient collectif. Ce deuxième volet de la série prend le discours politique de la rue comme point de départ pour interroger la manière dont l’accent (campagnard, citadin, étranger) conditionne la perception d’un message parlé.

Création 23 avril au chapiteau de cirque de Rochefort sur Loire (49) par Alvaro Martinez Leon. /


TRAVELLING



pièce vocale pour 12 hommes en mouvement / 28' / 2015 /

La psychologie des foules étudie un nombre de phénomènes par lesquels les individus sont entraînés par les processus de masses. Les possibilités de résistance de l’individu sont faibles notamment en raison d’un effet d’hypnose déclenché par des facteurs multisensoriels. Cette pièce prend le son et le mouvement des corps dans l’espace comme matériel de base pour mettre en scène plusieurs processus de communication de groupe, dans une approche éthologique où communication animale et humaine sont systématiquement mises en parallèle.
12 hommes sont placés dans un espace ouvert mêlés au public, qui est invité à se déplacer pendant la pièce pour composer son propre ‘Travelling’ auditif et visuel. Un ensemble formé exclusivement par des mâles est nécessaire afin de créer des images de groupe où le pouvoir est concentré dans des communautés d'hommes. La pièce explore des questions liées à l’identité religieuse, nationale, folklorique, la micro-communauté, l’économie ou la sexualité, le tout mis à un même niveau de pulsion d’homo sapiens.
Création 12 décembre 2015 festival FORMA, Angers. Avec la collaboration du trio vocal 'Garçon s'il vous plaît', et 10 participants amateurs/


MÉDIUMS,MÉDIA



ondes Martentot, voix, stéthoscope amplifié, bande, 2 performers, objets rituels / 20' / 2015 /

Quels sont les rituels auxquels nous participons pour satisfaire nos pulsions grégaires? Comment est structuré un message médiatique conçu pour éveiller l'irrationnel chez le spectateur? Comment se négocie le rapport entre leader et groupe?
Médiums, Média prend la transe comme une structure pour explorer la dimension physiologique et psychologique de la communication, dans une narrative-collage où plusieurs dispositifs médiatiques sont cités. L’interprète d'ondes Matenot joue le rôle d'une prêtresse assistée par deux performers, qui construisent les étapes successives d'un rituel réinventé.
Le public est amené à écouter, regarder, sentir ou lire, plongé par des éléments appartenant à des contextes de communion collective. De même, plusieurs notions de proxémie sont explorés à travers de la distance et interaction que les performers établissent avec le public.
Création par Nathalie Forget et ensemble L'Itinéraire , festival "Le Classique c'est pour les vieux". Paris, 8 oct 2015. Performers: Julie Brunet-Jailly et Álvaro Martínez León. /


ID. 1



performance participative, stéthoscope amplifié, échographe Doppler / durée indéterminée / 2015 /


À mi chemin entre la thérapie de groupe et l'animation de colonie de vacances, cette performance participative explore la mémoire autobiographique des participants. Un échographe Doppler amplifié diffuse le son du flux sanguin de la personne qui annonce un souvenir intime. Sa voix est captée par un stéthoscope amplifié, qui répriduit une image sonore interne de sa mémoire.
Pour mettre en scène le relation entre l'individue et le collectif, le reste des participants encourage la personne exposée avant qu'elle commence à parler, pour ensuite créer une silence embarrassant à la fin de l'aveu. Première par Alvaro Martinez Leon et un groupe de participants, aout2015 à Luma Luma (La Cornouaille, France). /


DARWIN INNAMORATO



pour mezzo-soprano et baryton/ 11’ / 2013 Création par Mélanie Panaget et Lilian Duault. Dédiée à Mélanie Panaget et Lilian Duault

Des sons provenant de parades animales et humaines sont cités dans cette pièce pour questionner la manière dont les grandes narratives sont portées par la musique savante occidentale, et plus particulièrement par les tubes d'opéra éternellement joués dans le monde entier de nos jours.

Les chants Inuits apparaissent comme une transition entre la communication animal et humaine, puisqu'ils sont construits en grand partie par l’imitation de sons d'animaux. Mais aussi comme un hommage à une tradition vocale exceptionnelle, révélatrice de l'animal dans l'expression humaine. /


LITTÉRAL - NON LITTÉRAL



ensemble, vidéo/ 11’ / 2014 /

trois exercices de style pour la publicité télévision 'Le Lion de Perrier'.
1. Supens: dramaturgie orchestrale
2. Exotisme: l'Afrique vue depuis un salon occidental
3. Des corps: désire et soulagement.
Création par l'ensemble Rhizome décembre 2014 aux Champs Libres (Rennes, France). /


INTERNAZIONALE DOPPLER



pour 3 performers, vidéo, métronome, diapason, boîtes à musique et live electronics/ 12’ / 2015 /

Le Hymnes sont une partie importante des dispositifs conçus pour créer des communautés imaginaires dans des contextes religieux, nationalistes ou idéologiques. L'effet Doppler décrit la différence temporelle de phase entre l’émission et la réception d'un son en mouvement, et sert ici à créer une image diachronique d'un message entre sa création et sa réinterprétation, voire sa perversion par le pouvoir. L'hymne socialiste est interprété par trois voix qui créent des déphasages culturels et temporels, dans une volonté de montrer comment la distorsion d'un idéal peut mener à la barbarie.

Création par Maxime Arnaud, Sébastien Herrgott et Alvaro Martinez Leon. Vidéo par Anissa Allam-Vaquez, live electronics par Sylvain Harrand. Création avrill 2015 à la mairie de Savennières (France)./

VARIATIONS SUR L'HYMNE ESPAGNOL



performance vocale / 7’ / 2013 /
Cette pièce part de l'identité nationale comme expérience humaine, en allant des sentiments nobles qu'un hymne peut créer chez un peuple, jusqu'à l'interprétation libre que chaque individu appartenant à une même nation peut en faire.

Le nationalisme incarné par le corps est aussi la démarche centrale de la pièce. Ainsi, diverses techniques vocales sont employées pour faire émerger des sons proches de l'expression animale qui suggèrent le passage de la voix à travers les muqueuses avant le jaillissement du langage.

Joué par l'artiste lui même, la totalité de la pièce montre un éventail d'expressions sincères motivées par des sentiments patriotiques, et une nostalgie insupportable d'un pays détruit lentement par le néolibéralisme.

Création par Alvaro Martinez Leon à La Poste (Savennières, France). /

WSL



pour flute, saxophone, guitare, alto et violoncelle / 10’ / 2009.Création ensemble Cairn au conservatoire d’Aulnay sous Bois. Dédiée à l’ensemble Cairn

En arabe classique, ces trois lettres forment la racine de plusieurs mots portant le concept de liaison. Ainsi, la musique savante égyptienne du XIXème siècle se développa sur la forme vocale et instrumentale wasla, une suite de mouvements ayant en commun un même mode musical. La wasla et le folklore furent à la base de la formation de Oum Kultûm et Abd-el Wahâb, eux mêmes créateurs entre les années 30 et 60 de la musique que l’on peut écouter encore aujourd’hui dans tout le monde arabe et dont elle reste l’un des référents culturels les plus forts.
Des citations de ces deux musiciens apparaissent au cours de cette pièce, imprégnées de l'atmosphère de la wasla. Ainsi, la pièce est une succession de reconstructions et de déconstructions de ces citations. Ces processus sont des passages du bruit au son [construction] ou du son au bruit [déconstruction], et chacun utilise des moyens différents [accumulation, accelerando, crescendo, etc].
Le moteur discursif de la pièce est défini par une autre dérivation de la même racine: wisal, l’union des âmes et des corps. La thématique des musiques citées est marquée par le mal d’aimer, la souffrance de l’amour non partagé. De ce fait le wisal, qu’il soit frustré ou satisfait, est présent explicitement dans les paroles et tacitement dans le chant, par toute sorte de moyens expressifs. J’ai donc tenté de créer une image sonore de cette palpitation sous-jacente comme si on écouterait le corps d’un chanteur avec un sthétoscope, apercevant ainsi l’activité de ses organes lors des moments d’émotion dramatique /



LE VOISIN D'EN FACE



pour 6 voix parlées / 10’ / 2008. Création Vocaal LAB opéra de Madrid. Dédiée à Salim Benbraham et Philippe Leroux

Composée pour six chanteurs, l’œuvre travaille autour de la phonétique des langues française et arabe. Elle se sert exclusivement de la voix parlée et met en opposition les particularités phonétiques de chacune des langues. C’est l’histoire d’un conflit entre deux communautés [la française et la maghrébine, représentées dans la pièce par deux groupes de trois personnes] qui a provoqué l’écriture de cette pièce. Cette tension sous-jacente qui existe souvent entre les deux groupes sociaux, est l’énergie qui tient le fil narratif de ce dialogue. La pièce est intitulée « Le voisin d’en face », puisqu’elle naît aussi de l’image des grandes villes cosmopolites où l’on cohabite avec des personnes dont on ne comprend pas la langue.
La phonétique des langues de ces « voisins » est la première chose que l’on repère et qu’on est capables d’imiter. Ainsi, elle devient métaphore de la confrontation entre la spécificité culturelle et l’universalité. A mi chemin entre la « musique pure » et le théâtre musical, Le Voisin d’en Face explore les possibilités non traditionnelles de la voix parlée. Le résultat de ce travail aboutit parfois à une expression construite sur des éléments quasiment scatologiques. Ceci ne tente pas de gêner l’auditeur, mais de faire allusion à la condition biologique de la voix et du langage /



FUERA DE [ L ] TIEMPO



pour clarinette basse, percussion et bande / 14’ / 2009. Commande de Duometrie. Création Axes Jazzpoer Eindhoven, Pays-Bas. Dédiée à Duometrie

« La est l’art et l’art est la vie » Cet aphorisme énoncé par le groupe Fluxus désigne en grande partie la vision sur l’univers musical d’Afrique de l’Ouest que cette œuvre propose. Parmi d’autres activités du quotidien, le rythme dans la musique naquit probablement du travail collectif. Lors qu’on creuse la terre, on modèle le fer, on moud le céréale, il se produisent des polyrythmies qui auraient pu être à l’origine de la conscience du rythme chez l’être humain. Cette cadence régulière surgie du travail physique constitue l’axe de la pièce, organisée entièrement sur une même pulsation et utilisant des sons produits par des outils de travail.
De quelle manière surgirent les hauteurs musicales dans les temps préhistoriques? La réponse plus suggestive pour moi est que l’homme imitait les sons de la nature, et ces imitations devinrent des mélodies. Inspirée de cette idée, la forme de la pièce suit un dialogue narratif entre deux perceptions de la nature : la conscience physique ou musculaire de notre propre corps et la représentation sensorielle ou auditive de l’extérieur. Les musiciens et la bande représentent ces deux formes de perception pendant toute la pièce, avec des sons qu’imitent, par exemple, la respiration ou un chant d’oiseau.
Parallèlement, cette narration parcourt deux dimensions espace - temps de la musique de Afrique de l’Ouest: la rural [associé au passé] et l’urbaine [liée au présent]. Le titre de l’œuvre fait référence à une autre thématique : le pouvoir que les musiques à ostinato rythmique exercent sur la perception du temps. Ces musiques sont présentes dans toutes sortes de rituels sociaux [i.e. l’amusement ou la transe mystique] et partagent la fonction de transporter la conscience hors du temps quotidien. Par ailleurs, dans le langage des interprètes de ce genre de musiques, jouer en dehors du temps est une manière de « naviguer » sur un ostinato dans une pulsation parallèle. Fuera de[l] Tiempo explore ces niveaux de temporalité, en se servant autant du patron rythmique obsessif que du paysage sonore en état pure.
Au niveau timbrique, la pièce est construite avec des sons « sales » ou « ignobles » produits par des matériaux de recyclage. Il s’agit d’une recherche pour imiter le timbre des instruments artisanaux d’Afrique, créés à partir d’emballages et autres déchets. La bande suit cette même direction, en utilisant des son « imprécis » et « flous ». Ainsi, le matériau sonore de la pièce nous invite à contempler la beauté et la force de l’impur /



ASÍ EN EL CIELO COMO EN LA TIERRA



pour flûte / 9’ / 2009. Création Cédric Jullion, conservatoire de Aulnay sous Bois. Dédiée à Cédric Jullion

Cette œuvre prend ses racines dans la naissance du son musical chez l'homme. Ainsi la respiration, le chant, la série harmonique naturelle et des représentations du langage parlé sont les éléments principaux de l'écriture. Le chant proposé dans la pièce est construit sur un mode contenant des hauteurs non tempérées, ce qui le rapproche de la série harmonique naturelle; cette analogie tente de créer une métaphore de la gestation de la mélodie dans l'histoire universelle de la musique.
Parallèlement, le discours est axé sur la condition biologique de l'être humain, en situant sur un même niveau harmonicité, langage, musique et respiration. Tous ces éléments apparaissent comme les strates qui font fonctionner un engin organique [le corps humain] au moment de l'interprétation musicale. L'organisation non hiérarchique de l'écriture est en partie une conséquence du chant qui apparaît dans la pièce. Appartenant à la tradition Nan Kouan du sud de la Chine, ce chant porte des paroles en forme de très longs récits épiques qui peuvent durer jusqu'à une nuit entière. Il en résulte une musique statique, dans laquelle on ne retrouve plus le début ni la fin et qui est enrichie continuellement par des ornements. Ainsi, cette circularité guide l'écriture temporelle de la pièce.
Le titre ['Sur la terre comme au ciel'] fait une référence ironique à l'alternance entre les sons qui se rapprochent de notre condition biologique, terrienne [la respiration, la voix] et ceux qui se détachent d'elle [les sons pures de la flûte, les harmoniques très aiguës]. Ces derniers, par sa traditionnelle connotation de pureté et transcendance, appartiennent au royaume des cieux où ils demeurent régis par l'harmonie des sphères… /



LES SENTIMENTS D’UNE PORTE [ hommage à Pierre Henry ]



pour bande / 12’ / 2009. Création CRD du Blanc-Mesnil

Trois œuvres de Pierre Henry composées entre 1961 et 1963 ont inspiré l’écriture de cet hommage au compositeur pionnier de la musique concrète : La Noire à soixante, Le Voyage, et les variations pour une porte et un soupir. Chacune des pièces porte des clés du langage du compositeur, qui a influencé énormément aux générations postérieures de musiciens d’horizons très divers. On y trouve entre autres, le geste « impact-résonance », la boucle comme fil narratif et la recherche dans les sons du quotidien.
Voici un hommage à ces éléments du langage de Henry et plus spécialement à la recherche sonore dans notre entourage de tous les jours. J’ai aussi voulu porter un regard ludique sur ces portes que l’on franchit souvent sans nous rendre compte de la richesse sonore qu’elle peuvent nous apporter, voire l’expressivité qu’elles peuvent dégager. Notre entourage quotidien peut nous produire de la dérision, tout comme la musique « savante », trop souvent censée nous communiquer exclusivement des idées élevées /

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